Apple organise l'hystérie pour son premier «Store» parisien.
Et l'on apprend que 1500 personnes faisaient déjà la queue avant l'ouverture du magasin, dont une quinzaine de fanatiques qui avaient passé la nuit devant les portes pour être les premiers à bénéficier de la Hola d'accueil programmée par la direction du magasin dans le cadre de l'organisation de l'"événement". Une vidéo jointe à l'article nous montre l'interview de ces quelques sectataires qui parlent précisément d'une forme de religion et d'église de substitution avec une auto-satisfaction béate tout en vénérant le pdg milliardaire Steve Jobs comme un Guru philanthrope. On en reste confondu d'incrédulité. Et pourtant ça existe.
Pitoyable spectacle que ces accrocs à la consommation, pauvres victimes de l'aliénation marchande. Ils ont peur de quoi ? Que leur nouveau petit magasin à soutirer du fric s'envole pendant la nuit ? A l'heure ou l'on débat justement de la remise en question du système mortifère de l'hyper-consommation ce spectacle est tout simplement affligeant. Il me rappelle ces moutons pavloviens qui se gelaient les burnes sur le trottoir des Champs-Elysées pour avoir l'honneur d'être les premiers à se faire arnaquer en bouffant de la dinde congelée aux hormones lors de l'ouverture de "Planet Hollywood". Ou encore ces zombies victimes du marketing qui faisaient la queue une nuit complète pour être parmi les "heureux" premiers possesseurs de la PS2, contribuant ainsi au racket de Sony qui organise sciemment la pénurie pour stimuler ses ventes à prix prohibitifs. On pourrait aussi rappeler les scènes d'hystérie qui avaient suivi la mise en vente chez H&M d'articles en quantités limitées estampillés Karl Lagerfeld et qui avaient donné libre cours à des scènes dantesques de crêpage de chignons entre clientes trés CSP+...
Ce genre de scène, une fois de plus, me fait douter du genre humain et de sa capacité à s'élever vers un minimum de sagesse.
Le système, malgré la crise structurelle actuelle, a encore de beaux jours devant lui.
Rendons-donc un service à ces malheureux : qu'on leur offre La Boétie gratuitement avec l'achat de leur E-book.