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Lundi 24 mars 2008

En ce 40ème anniversaire de mai 68 – on adore en France les commémorations - les médias font une nouvelle fois étalage de l’immuabilité de leurs us et coutumes.

Il devient quasi impossible d’échapper aux plateaux avec leur cohorte d’invités sans surprises qui ressassent jusqu’à plus soif leurs exploits d’antan dans des discours interchangeables resservis ad nauseam sur chaînes télé, radios et presse écrite.

La brochette des anciens maoïstes et gauchistes recyclés bobos socio-libéraux aux comptes en banque à cinq zéros – les BHL, Glucksmann, Cohn-Bendit et consorts – viennent donc faire la leçon au bon peuple sans oublier tout de même (faut pas déconner !) de s’en prendre gentiment à Sarkozy pour sa condamnation grossière de l’influence de mai 68. Faut bien entretenir l’illusion d’un semblant de subversion pour préserver un minimum de crédibilité.

C’eût été probablement trop demander aux médias de seulement imaginer inviter des acteurs de 68 sortis de l’anonymat du peuple qui survit hors du périmètre de St Germain des Prés.

On eût pu naïvement croire que rechercher quelques ouvrières provinciales qui avaient mené des grèves parfois très dures pour leur demander leur point de vue, raconter leur expérience et témoigner de l’enseignement qu’elles en avaient tirer avec le recul eût pu miraculeusement effleurer l’imagination des responsables de rédactions…

Il n’en est visiblement rien. Mais il n’est pas encore interdit d’espérer. Il paraît que ça aide à vivre.

par Zlotzky publié dans : Humeur
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Mercredi 17 octobre 2007

Dans un éditorial de « Challenge » Denis Kessler, ancien N° 2 et idéologue du MEDEF, s’en prenait aux programme social du CNR (Conseil National de le Résistance), base fondatrice de l’ensemble de l’édifice social français contemporain, qu’il conviendrait, selon lui, de « réformer » d’urgence (comprendre : détruire).

Se reporter à ce sujet sur les commentaires avisés de Jérôme Pélissier qui conclut son article par quelques citations pour le moins édifiantes dont je ne peux résister au plaisir de restituer ci-dessous la paire gagnante :

Richard Liscia, rédacteur en chef du Quotidien du médecin :
 «  Même les gens âgés doivent participer à la production nationale (…). Si nous étions extrêmement cyniques, nous dirions que le moment arrive où, du point de vue de la dépense publique, il vaudrait mieux que meurent les gens qui veulent rester oisifs »

ou l’économiste Alain Cotta, qui « compte tenu de l’augmentation abrupte du coût de maintien en vie de [la] population du 4e âge », songe à « une sorte d’autorégulation organisée par la société qui (créerait) une fonction sociale : donner la mort ».

On y arrive enfin et les masques commencent à tomber. Si Richard Liscia s’encombre encore d’une vague pudeur culpabilisante en se réfugiant  sous la formule « si nous étions extrêmement cyniques… », Alain Cotta lui, ne s’embarrasse pas de ce genre de réserve et annonce clairement la couleur. En bon économiste rationnel Cotta considère les populations retraitées comme autant de charges insupportables qui plombent les bilans et donc limitent les profits. Il convient donc d’éliminer ces charges inutiles qui coûtent une fortune et ne rapportent rien.

Mais à y regarder de plus prés, et en toute logique si l’on s’en tient cette fois à la phrase de Liscia qui parle des « gens qui veulent rester oisifs », ce ne sont pas seulement les vieux qui seraient concernés mais donc tous ceux qui « veulent rester oisifs ». C’est à dire tous les improductifs tels que chômeurs, SDF, handicapés, prisonniers ou autres marginaux du système économique, qui, c’est bien connu, « veulent rester oisifs ».

Eh bien on va leur montrer, à tous ces oisifs, ce que c’est que le néo-libéralisme économique tel qu’il se préfigure à l’aube de ce siècle. Il va falloir qu’ils comprennent rapidement que nous devons faire face à des armées de Niakoués innombrables qui vont bientôt nous bouffer tout crus et qu’il n’est pas admissible que des pans entiers de nos populations outrageusement privilégiées continuent à se la couler douce en s’engraissant aux dépends des forces vives de la nation. On a assez rigolé comme ça, « il est temps de siffler la fin de la récréation » comme le disait le Baron Seillières qui en connaît un rayon en matière de subventions.

Réduire ou supprimer les aides sociales diverses n’est plus suffisant. Il est grand temps de passer à l’étape suivante et d’afficher notre détermination. Du social nous ne conserverons donc qu’une « fonction », celle de « donner la mort », comme le dit si bien Cotta.

Cela rappelle le film "Soleil vert" qui date déjà d'une bonne trentaine d'années et dans lequel on euthanasiait les populations âgées surnuméraires pour faire face à un excédent démographique.

Les improductifs sont donc en passe de constituer une simple variable d’ajustement sur laquelle les dirigeants pourront peser pour présenter un bilan positif, un budget équilibré, une dette publique réduite à néant et conséquemment des charges sur les entreprises réduites à leur plus simple expression.

Peut-être juste une modeste contribution pour le financement de la production de masse des injections létales ? 

 

 

 

 

par Zlotzky publié dans : Rage
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Vendredi 27 juillet 2007

Ainsi la préfecture des Bouches du Rhône vient de prolonger les dérogations permettant à « la plus grande zone commerciale de France » (on a les records qu’on peut) d’ouvrir les dimanches. Saluons comme il se doit cette remarquable avancée volontariste dans la modernité.

Ne reste plus désormais qu’à ouvrir aussi les lundis (c’est vrai quoi ! La plupart des magasins restent scandaleusement clos les lundis, que l’on mette vite fin à cet insupportable encouragement à la fainéantise généralisée !) Et surtout ne nous arrêtons pas en si bon chemin, luttons maintenant pour une ouverture 24h sur 24, comme aux States. Et pis tant qu’on y est bradons ces foutus CDI, contrats archaïques pour paresseux congénitaux contaminés par des décennies de terrorisme bolchevique. Revenons aux bons vieux contrats de gré à gré où la camionnette patronale pointait quotidiennement dans une aube socialement prometteuse pour collecter quelques manants sur la place du village pour une journée de 14h rétribuée de quelques piécettes.

Et pis faut bien satisfaire la demande, d’après un sondage paraît que  70% des con-sommateurs dominicaux affirment qu’ils n’achèteraient pas en semaine ce qu’ils achètent le dimanche. Etonnant. J’imagine le fion moyen subrepticement sondé :

« Monsieur, que feriez-vous si votre magasin n’ouvrait plus le dimanche ?

- Bah c’est clair, moi je refuserais d’acheter ma camelote si on m’obligeait à le faire en semaine ! »

Qui sont donc ces gens qui refuseraient d’acheter en semaine ce qu’ils achètent le dimanche ? Et qu’achètent-ils de si mystérieux ?

La con-sommation a des raisons que la raison ignore…

 

 

Zlotzky, consommateur les jours ouvrés.

par Zlotzky publié dans : Actualité
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Vendredi 27 juillet 2007

Ou l'on vient d'apprendre que le PDG de la FNAC allait travailler main dans la main avec le gouvernement pour lutter contre le terrorisme P2P. L’alliance de la guilde du Kommerce et de ses protecteurs patentés. Risible ou consternant ? Probablement les deux.

De toute façon c’était à prévoir. Ils avaient déjà préparé le terrain. Le nouveau machin flicard s’appelle DADVSI ("droits d'auteurs et droits voisins dans la société de l'information" (ou DRM – digital rights management - pour les mondains qui ne causent pas gaulois), mais le mieux est encore de retenir l’appellation non contrôlée d’ « amendement Vivendi » qui est bien plus évocatrice du contenu réel et des arrière-pensées de ce projet de loi voté à l’assemblée par une majorité UMP qui décidément se surpasse pour se rendre populaire. Et peu importe, d’ailleurs, la signification de ces sigles rebutants, la seule chose qu’il faut en retenir c’est qu’ils pénalisent désormais quasiment toute forme de copie privée mais aussi – ce qui est plus grave – le développement des logiciels libres. A titre d’exemple l'édition de logiciels "destinés à l'échange et au téléchargement illégal d'œuvres protégées" sera passible de 3 ans de prison et de 300.000 euros d'amende. Excusez du peu.

 

Surpris et dépassé par le développement imprévisible d’une technologie dont il ne s’attendait pas à ce qu’elle puisse être ainsi appropriée par le tout-venant sans le moindre calcul commercial, l’ordre médiatique du Pouvoir et de l’Argent vient d’imposer, via ses larbins du gouvernement, une loi destinée à reprendre les choses en main. En l’occurrence la main d’un marché pas si invisible qu’il le prétend…

 

Comment ? Qui sont ces illuminés qui osent pratiquer l’échange sans rétribution ? ces arriérés qui réinventent le troc en version virtualisée, sans prébendes ou échanges d’espèces ? Ces inconscients qui osent développer des logiciels « open source » que chacun pourra contribuer à enrichir et diffuser massivement, et ce, GRATUITEMENT ? Probablement des fous, ou pire encore, des terroristes. Car seuls des fous ou des terroristes peuvent ainsi se livrer à de telles provocations. Provocations ? Le mot est faible, osons dire attentats. Attentats contre le pilier fondamental qui soutient toute cette société : celui de l’Ordre Marchand. Car s’il est une notion – il faudrait parler plutôt de valeur – qui porte fondamentalement en elle la subversion, c’est bien la gratuité.

 

Parole d’Ubu, tout est Marché et rien ne doit échapper au Marché. Chacun sait, en effet, qu’il serait profondément immoral de spolier les grandes firmes du marché de la musique dont les vertus éthiques et l’altruisme ne font aucun doute.

 

Et les artistes ? Il était pour le moins émouvant d’assister à ce concert unanime (ou quasi) des représentants les plus emblématiques des « artistes » bien de chez nous. Ces pauvres milliardaires ont les neurones tellement atomisés par leurs droits Sacem qu’ils n’ont toujours pas été foutus de comprendre que l’essentiel du gâteau revenait aux maisons de disques alors que les différents créateurs se partagent à peu prés 14% du prix d’un CD, comme l’ont démontré plusieurs analyses (voir les articles de Robert Di Cosmo). Pauvres artistes français qui n’ont toujours pas compris qu’un système de licence globale leur permettrait même de gagner plus qu’aujourd’hui en éliminant les intermédiaires parasites… Accrochés à leur pactole comme de vieilles rentières du second Empire, leur réaction de notaires provinciaux à l’esprit étriqué et mesquin est à peu prés à l’image de la production musicale qu’ils commettent depuis trop d’années sur radios et télés qu’ils squattent comme des tiques depuis parfois des décennies. Concédons qu’il soit probable que certains d’entre eux aient pu être abusés par les pressions de leurs maisons de disques qui auront ainsi réussi à les transformer en avocats bénévoles de leur cause mercantile. Très fort !

 

Au SMIC les artistes ! Et que chacun fasse sa petite musique et la communique, on fera le tri…

 

 

par Zlotzky publié dans : Humeur
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Lundi 23 avril 2007

Si l’on s’en tient aux résultats du 1er tour des présidentielles la totalité des voix de gauche, au sens large mais revendiqué comme tel, atteindrait 36% des voix. 36%… Et encore faut-il bien être conscient que ces 36% regroupent une grande diversité de composantes sociologiques ainsi que des interprétations très hétérogènes sur la conception de ce qu’est ou devrait être « la gauche ». Mais ce n’est vraiment pas le moment de faire la fine gueule, d’aller chercher des poux dans les bacchantes de Trotski ou des stock options cachés dans les portefeuilles des sociaux-démocrates. 36%… Rien de plus et on n’oublie personne. On a même inclut tous les écolos avec. Allez, pas de détails, on peut plus se permettre.

 

Certains argueront qu’on pourrait peut-être ajouter une partie des 18% de Bayrou, ne serait-ce que 5% peut-être… Ah bon ? 5% d’électeurs qui ont voté Bayrou parce qu’ils trouvaient Royal trop à gauche ? Faut peut-être s’arrêter là. On veut bien essayer de racler les fonds de tiroirs pour ne pas avoir l’air trop ridicules mais quand même. Y a des limites. Donc 36%. Restons en là, l’éventail est déjà très large.

 

Ca veut dire que les 64% restants sont de droite ou d’extrême droite. Ca laisse songeur. Et ce avec un taux de participation historique, donc très représentatif.

 

Personnellement voilà déjà bien longtemps que j’ai compris que j’appartenais à une minorité de pensée et qu’il me faudrait toujours accepter une pesante impression de solitude. J’en ai fait mon deuil. C’est acquis. Je fais avec. Il n’y a pas 50 solutions. Soit je me flingue (mais je n’ai pas d’arme chez moi), soit j’entre dans la clandestinité au sein d’une organisation terroriste (genre on tuera tous les affreux) pour répandre le mal gratuitement et me venger d’au moins les 2/3 de la population, soit je ne fais rien du tout et je continue ma banale petite existence en m’efforçant simplement de maintenir un minimum de distance philosophique vis à vis de mes bien-aimés congénères et chers compatriotes.

 

J’en reste aujourd’hui à cette dernière option (on ne saurait parler de solution), la plus confortable mais aussi la plus humaine.

 

Je nourris tout de même l’espoir qu’avec le nain névropathe à l’Elysée cela devrait nous promettre de belles luttes sociales en perspective car les acteurs sociaux les plus dynamiques sont parmi les 36% et on peut peut-être compter sur eux pour contribuer à accélérer les infarctus des militaires en retraite de la Côte d’Azur.

 

Mais d’une façon plus générale j’en suis arrivé à me dire que rien ne saura changer autrement que dans la douleur et que seule la pédagogie des catastrophes pourra finalement faire bouger le statu quo. Mais il sera peut-être trop tard.

 

 

 

Zlotzky, apologiste de la morosité perpétuelle

par Zlotzky publié dans : Désespoir
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