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Samedi 16 septembre 2006

La fin du service public ? Evidemment. Et il est grand temps. Suffit de voir les brillants succès rencontrés dans les privatisations des secteurs énergétiques de par le monde, électricité notamment, et en Californie particulièrement où l’on avait recommandé à la population d’éviter d’utiliser les guirlandes lumineuses de Noël pour éviter de saturer le réseau ! Exemple emblématique des résultats d’une gestion particulièrement rigoureuse et soucieuse du bien public…

Le service public c’est ringard et inefficace, chacun le sait. C’est un monopole improductif qui vit grassement sur une rente de situation, peuplé de fonctionnaires indolents et paresseux qui rotent de satisfaction à l’idée qu’ils sont peinards dans leurs emplois dorés à vie, sans risque d’être remis en question par la faute d’un concurrent avide de gains de parts de marché.

Croyez-moi, rien ne vaut l’efficacité d’une bonne gestion privée qui va vous dégraisser tout ça, virer les improductifs, exercer une pression permanente sur ceux qui auront eu l’immense privilège d’être maintenus en fonction, comprimer la masse salariale, les frais fixes, les frais de maintenance, les investissements et les charges pour préserver un bilan financier présentable aux actionnaires.

Et puis c’est bien connu et on se demande pourquoi il faut encore le répéter : la privatisation c’est la concurrence, la libre concurrence qui stimule l’imagination et incite fatalement à baisser les tarifs pour séduire le maximum de clients pour leur plus grand profit. On n’arrête pas de le répéter dans les médias : le consommateur y trouvera son compte. Comme le californien avec ses guirlandes de Noël, comme l’anglais qui s’aventure à prendre le train ou bien le français qui ouvre son robinet de flotte et qui s’extasie de la payer aussi peu cher depuis que l’ancienne régie municipale l’a refourguée à Véolia. C’est du tout bon pour le consommateur, c’est l ‘évidence même.

Peu importe que l’éphémère offre multiple de « services » qui fera illusion un temps finira par s’atrophier en un classique et inévitable phénomène de concentration, un effet « trou noir », (les gros poissons mangeront les plus petits) pour aboutir, in fine, à un monopole de fait ou un co-monopole, un cartel aux intérêts communs bien compris qui se partageront le marché comme les groupes mafieux se partagent les différents secteurs de l’économie parallèle : à moi les putes, à toi la came, à lui le trafic d’armes.

Tout cela est étonnamment moderne.

Et puis de toute façon c’est ça ou le Gosplan.

 

 

Zlotzky, privatiseur public

par Zlotzky publié dans : Actualité
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Dimanche 4 juin 2006

Les médias – dont il ne faut de toute façon pas attendre grand-chose - devraient s’interroger plus amplement sur cette corrélation antagonique qui voit l’essor de technologies sophistiquées aux impressionnantes capacités s’accompagner de phénomènes de régression et de comportements primitifs. Un peu comme si la possession d’objets toujours plus performants qui concentrent en eux-mêmes une somme de connaissances et de développement technoscientifiques particulièrement évolués entrainaient a contrario un relâchement intellectuel - la novlangue SMS en constitue l’exemple le plus emblématique - une sorte d’ataraxie dégénérée auto satisfaite et complaisante qui voit l’individu – « l’heureux possesseur » de l’objet convoité - se vautrer dans une sorte de confort apathique envahissant, s’avachir dans sa sénescence précoce avec le sentiment animal d’une satiété éphémère, comme celle du fauve après la curée qui s’écroule, repu du sang de sa proie, dans une digestion abrutissante, réduit au simple état de tube digestif, et qui reprendra peu à peu sa vie biologique par la venue inévitable d’une nouvelle fringale. Ou d’un besoin sexuel.

 

Tout en faisant leurs choux gras du phénomène du « happy slapping » les médias voudraient nous faire oublier qu’ils sont aussi – via la pub et le marketing - le vecteur incontournable de la refourgue de toutes les camelotes de la modernité produites en masse qui polluent non seulement l’environnement physique mais aussi l’environnement socioculturel.

 

Le « happy slapping » est un phénomène particulièrement symptomatique des méfaits de l’abrutissement de l’hyper consommation et de l’envahissement du cadre quotidien par tous les gadgets d’une modernité purement matérielle, génératrice de névroses auto-renouvelables et de frustrations perpétuelles.

 

Qu’inventer d’autre pour surenchérir dans la provocation ? Que trouver d’encore plus con et méchant que d’autres n’ont pas encore trouvé, exploité ? Comment tromper cet indicible ennui, ce dégoût intime qui fait que malgré ses 50 chaînes de télé, son lecteur MP3, son PC multimédias, sa web cam, sa caméra numérique, son téléphone portable avec appareil photos et caméra intégrés, on s’emmerde à mourir ? Pourquoi ces merveilleux gadgets supposés faciliter la communication se révèlent être surtout des tueurs du lien social ?

 

Il est toujours plaisant, face à ce genre de constat, de découvrir les inévitables pères fouettards qui en appellent à plus d’autorité et de répression. Le bon vieux réflexe flicard de la facilité qui consiste à s’attaquer aux symptômes en évitant ainsi de s’attaquer à la racine du mal qui procède tout bonnement d’une implacable logique économique.

 

Nous sommes tout simplement – nous, les 15 à 20% de la population la plus riche de cette planète – des prisonniers. Des prisonniers enfermés dans une vaste cellule dorée qui refusent de voir la réalité en face et qui, le moment venu, subiront l’inévitable changement comme une violence exercée contre leur « liberté ». Des prisonniers dont les « joyeux baffeurs » ne constituent que l’exemple primaire le plus caricatural mais parfaitement désinhibé.

 

Le « happy slapping » a juste un peu d’avance.

 

 

 

Zlotzky, homo erectus numérique

 

par Zlotzky publié dans : Résignation
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Dimanche 4 juin 2006

Segozy et Sarkolène sont dans un bâteau. Segozy tombe à l’eau. Qui l’a poussé ? Aucune importance. Que ce soit Segozy ou Sarkolène qui reste à la barre, le bâteau ira de toute façon dans la même direction : à tribord, toute !

 

Finalement celui qui parle le mieux de la royale Ségolène c’est encore De Villiers, un fin connaisseur en la matière qui lui a d’ailleurs proposé « d’adopter purement et simplement son projet ».

 

Pas grand-chose de neuf au royaume de France. J’entends certains s’enthousiasmer de la popularité croissante (mais attention aux surprises…) de Ségolène Royal sous prétexte que… c’est une femme ! La belle affaire !

 

Et pourquoi faudrait-il, sous le prétexte légitime que les femmes sont trop marginalisées dans la vie politique, accorder crédit à la première carriériste venue qui affole les sondages ? Quid de son programme politique fade et sans surprise ? de son discours lisse et convenu ? De sa suspecte admiration pour Blair ? De sa mauvaise foi flagrante, notamment lors des débats sur le TCE l’année dernière au cours desquels elle s’était révélée particulièrement irritée, revêche et désagréable vis-à-vis des collègues de son propre parti qui n’avaient pas fait le même choix qu’elle ?

 

Non, décidément non, cette caricature de bourgeoise versaillaise qu’on imagine trop bien sortir de l’église de Passy le dimanche matin avec le missel sous le bras et la marmaille en pantalons bleu marine et jupettes plissées accrochée aux jupes ne m’inspire pas confiance.

 

Mais l’évènement médiatique fabriqué de toute pièces risque de se dégonfler piteusement le jour venu. Certes, probablement pas pour quelque chose de mieux, mais ça, c’est une autre histoire…

 

 

 

Zlotzky, à qui on ne la fait plus…
par Zlotzky publié dans : Ah ! ah !
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Dimanche 21 mai 2006

L’esclavage, finalement, fut une sorte d’immigration forcée.

 

 

Puis vînt le salariat qui, suivant la logique historique intrinsèque de l’accumulation des moyens de production et de la consommation de masse, se trouva à un moment donné de son histoire en situation de pénurie de main-d'œuvre. Il fallut donc mandater une cohorte de rabatteurs pour ratisser quelques villages maghrébins ou d’autres pays africains afin d’inciter des paysans incultes à venir goûter au bonheur extatique du paradis occidental, moyennant la mise à disposition de leur force de travail pour contribuer à l’expansion des pays d’accueil désintéressés et en échange de salaires qui, vus de l’autre côté de la Méditerranée, semblaient mirobolants mais que ces feignants d’ouvriers français trouvaient malgré tout inacceptables au regard des tâches assez rebutantes à accomplir. Ce fut la période de ce que l’on pourrait appeler l’immigration «encouragée ».

 

 

Puis vînt la « crise ». Ceux que l’on avait incité jusqu’alors à venir en nombre n’étaient soudainement plus les bienvenus. Le chômage désormais augmentait hardiment, la concurrence internationale s’exacerbait, les entreprises françaises perdaient des parts de marchés, la croissance se maintenait à des niveaux fort timides ; bref, ce fut la fin de ce que l’on a coutume de nommer les « 30 glorieuses » et le début de l’ère de la mondialisation, des dérégulations, de la liberté totale des mouvements de capitaux, de l’OMC et des délocalisations. Désormais on entra dans la période de ce que Sarko appelle l’immigration « subie ». Parce qu’on « subirait » désormais les assauts incontrôlés de hardes de miséreux que notre économie atone ne saurait convertir durablement en une croissance radieuse. Pire, sous-employés, livrés au chômage et marginalisés, exclus du processus de consommation, ces populations alimenteraient ainsi en chair jeune et disponible les gangs banlieusards désormais si prompts à l’émeute et partant, renforceraient les instincts racistes et le vote Front National des « Français de souche » de condition modeste encore à peu prés épargnés par la paupérisation et la précarité.

 

 

Mais voila. Un phénomène purement démographique risque d’inverser à nouveau la donne dans les années à venir : la population française – à l’instar de la pluparts des pays riches – vieillit. Elle vieillit tant et si bien que certains prévoient d’ici peu de nouvelles pénuries de main-d’œuvre dans les années à venir.  Pénuries qui pourraient être passablement endiguées par l’apport de nouveaux immigrants. Mais attention, hein, pas n’importe qui et pas n’importe comment. S’agit de tirer les leçons du passé, de ne pas refaire les mêmes erreurs. Ne seront dés lors admis à franchir les portes du paradis occidental que quelques poignées d’heureux élus dûment sélectionnés. Pendant qu’il se rasait Sarko a accouché d’un nouveau concept : l’immigration « choisie ». Ce vocable emprunté au langage marketing suggère une position sociale de consommateur averti et heureux pénétrant allègrement dans un supermarché dans lequel il effectuera ses emplettes sélectives, examinant d’un œil critique telle marque pour finalement en choisir une autre, dédaignant tel yaourt à l’emballage un peu tristounet pour un autre plus avenant, testant d’un œil connaisseur telle marque de crème antiride et n’hésitant pas , parfois, à se risquer d’essayer un nouveau produit aguichant tout en se convaincant que son sens critique lui permettra de juger, en dernier lieu, s’il est digne d’intégrer dés lors la panoplie de ses produits préférés. La liberté de choix. Ou prétendue telle.

 

 

Au supermarché africain, l’Europe, à l’avenir, fera ses choix. En fonction de ses besoins. Elle détournera donc les maigres forces vives et qualifiées des pays pauvres pour les expédier à salaires moindres et sous contrats restrictifs vers le Nord combler les déficits de tel ou tel secteur économique en manque de bras ou de cerveaux.

 

 

Après tout les hôpitaux fonctionnent déjà depuis des années avec une foultitude de médecins étrangers originaires des PVD et payés au lance-pierres. Et de toute façon que feraient tous ces travailleurs qualifiés dans leurs pays d’origine, incapables de leur offrir un statut social à la mesure de leurs ambitions ? Et puis ça permet aussi à la France de faire quelques économies sur ses investissements universitaires.

 

 

Par les temps qui courent, il n’ y a pas de petites économies.

 

 

 

 

 

Zlotzky, immigré mal choisi.
par Zlotzky publié dans : Actualité
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Dimanche 14 mai 2006

La pub est un élément incontournable et indispensable du système économique que nous subissons. De la même façon que les régimes totalitaires ont toujours recours à de puissants services de propagande, de la même façon que les guerres doivent être justifiées par de grossières manipulations de l'opinion par des médias complices (le traitement de la préparation de la guerre en Irak aux USA en est le dernier exemple le plus caricatural), de la même façon, la pub est chargée de dresser le citoyen virtuel en un consommateur abêti dont la seule raison d'être se limiterait au renouvellement constant de sa panoplie illimitée d'objets manufacturés indexée sur un catalogue infini de produits nouveaux et supposés indispensables.
La production de masse, facilitée par les méthodes modernes et les spectaculaires avancées technologiques, est tributaire de ses ventes de masse si elle veut préserver ses chances de perdurer. L'économie a besoin de créer la demande. Il lui faut sans cesse développer de nouveaux marchés et écouler coûte que coûte ses nouveaux produits. Il n'y pas de fin à ce cycle infernal. Seule la finitude du monde pourra lui imposer une fin. Définitive.
Dans cette spirale infernale l'économie n'a surtout pas besoin de peuples éduqués, bien informés et à l'esprit critique. (Ce qui peut-être le cas d'un diplômé de HEC) L'économie a surtout besoin de tubes digestifs motorisés dotés d'une oreille (2 ne sont pas strictement nécessaires) pour y coller le dernier modèle du téléphone portable avec option vibro-masseur amincissant. Le système économique schizophrène qui est en train de nous amener peu à peu à la ruine collective aimerait que les adultes, ou supposés tels, puissent avoir le comportement archétype d'un enfant occidental d'environ 8 ans. Et encore. Des innocents au sourire béat qui ouvrent de grands yeux étonnés un peu comme les Indiens épatés (et appâtés) par les verroteries que leur faisaient miroiter les colons pour mieux les escroquer. Les enfants. Voilà la cible idéale des propagandafelzug qui contaminent quotidiennement notre existence. Les enfants sont les premières victimes des terroristes publicitaires. Cernés, ciblés dés le berceau, dés la maternité, par des marques et des logos qui les poursuivront tout au long de leur existence, ils sont abreuvés de messages omnipotents qui balisent leurs parcours quotidiens, de la télé à la boîte à lettres, du bus au supermarché, et bientôt à l'école. Les gosses, en général, aiment la pub. Ils l'aiment parce que la pub est intrinsèquement puérile, infantilisante. Rassurante aussi. Mais les enfants ont une excuse de taille ; c'est qu'ils sont des enfants justement. Les gosses sont des victimes faciles de premier ordre pour les rapaces de la Kommunication L'idéal de la pub consisterait à faire en sorte que les adultes préservent cette touchante innocence enfantine face au racolage du marketing, qu'ils conservent cette étonnante capacité à s'extasier d'un rien pour peu que cela brille, fasse bip-bip, et soit paré d'une illusion de nouveauté et de distinction. Qu'ils acquièrent une fois pour toutes ce délicieux et extatique réflexe pavlovien qui leur ferait dire invariablement : « je veux ça ! »
L'idéal de la pub, et du système économique qui l'a enfantée, consisterait en une population d'enfants gâtés et capricieux perpétuellement obsédés par l'achat de nouveaux produits jugés vitaux pour leur survie et toujours prompts à renouveler le plus souvent possible ceux qu'elle possède déjà pour les remplacer avec un enthousiasme jamais défaillant par les derniers modèles dotés des derniers gadgets in-dis-pen-sa-bles. Le rêve absolu. Encore un effort, on y est presque…Il n'y a pas à ergoter sur « trop de pub » ou sur de « bonnes » ou « mauvaises » pubs. Une pub est nécessairement une pub de merde. Comme le disait Hara-Kiri à une époque lointaine la pub est faite par des cons pour des cons. Grossier mais lucide…Le système d'hyper-consommation dont la pub est le bras armé est fondamentalement mortifère. La pub envahit notre intimité, pollue notre environnement, crée des frustrations incessantes, génère des névroses, entretient l'esclavagisme du désir continuellement inassouvi et transforme les gens en tyranneaux petit-bourgeois capricieux et égocentriques, inaptes et rétifs au changement de l'ordre des choses. Des complices objectifs du système qui les a enfantés.
Et qu'on ne vienne surtout pas me chanter que la pub est une nouvelle forme d'expression artistique. J'ai eu parfois l'occasion de polémiquer à ce sujet avec des « créatifs » de la pub. A l'époque je n'avais pas osé les étrangler. Un vieux fond de philosophie humaniste m'en avait probablement dissuadé.
Ne faites pas la même erreur si l'occasion se présente. Si un golden boy de ce milieu de péripatéticiens chromés ose se prétendre « artiste », rendez lui service, rendez vous service, rendez nous service : étranglez le.

ZLOTZKY, garanti sans pub.

par Zlotzky publié dans : Humeur
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