La seule manière de supporter revers après revers est d'aimer l'idée même de revers. Si on y parvient, plus de surprises : on est supérieur à tout ce qui arrive, on est une victime invincible.
CIORAN
De l'inconvénient d'être né
| Juillet 2008 | ||||||||||
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La fin du service public ? Evidemment. Et il est grand temps. Suffit de voir les brillants succès rencontrés dans les privatisations des secteurs énergétiques de par le monde, électricité notamment, et en Californie particulièrement où l’on avait recommandé à la population d’éviter d’utiliser les guirlandes lumineuses de Noël pour éviter de saturer le réseau ! Exemple emblématique des résultats d’une gestion particulièrement rigoureuse et soucieuse du bien public…
Le service public c’est ringard et inefficace, chacun le sait. C’est un monopole improductif qui vit grassement sur une rente de situation, peuplé de fonctionnaires indolents et paresseux qui rotent de satisfaction à l’idée qu’ils sont peinards dans leurs emplois dorés à vie, sans risque d’être remis en question par la faute d’un concurrent avide de gains de parts de marché.
Croyez-moi, rien ne vaut l’efficacité d’une bonne gestion privée qui va vous dégraisser tout ça, virer les improductifs, exercer une pression permanente sur ceux qui auront eu l’immense privilège d’être maintenus en fonction, comprimer la masse salariale, les frais fixes, les frais de maintenance, les investissements et les charges pour préserver un bilan financier présentable aux actionnaires.
Et puis c’est bien connu et on se demande pourquoi il faut encore le répéter : la privatisation c’est la concurrence, la libre concurrence qui stimule l’imagination et incite fatalement à baisser les tarifs pour séduire le maximum de clients pour leur plus grand profit. On n’arrête pas de le répéter dans les médias : le consommateur y trouvera son compte. Comme le californien avec ses guirlandes de Noël, comme l’anglais qui s’aventure à prendre le train ou bien le français qui ouvre son robinet de flotte et qui s’extasie de la payer aussi peu cher depuis que l’ancienne régie municipale l’a refourguée à Véolia. C’est du tout bon pour le consommateur, c’est l ‘évidence même.
Peu importe que l’éphémère offre multiple de « services » qui fera illusion un temps finira par s’atrophier en un classique et inévitable phénomène de concentration, un effet « trou noir », (les gros poissons mangeront les plus petits) pour aboutir, in fine, à un monopole de fait ou un co-monopole, un cartel aux intérêts communs bien compris qui se partageront le marché comme les groupes mafieux se partagent les différents secteurs de l’économie parallèle : à moi les putes, à toi la came, à lui le trafic d’armes.
Tout cela est étonnamment moderne.
Et puis de toute façon c’est ça ou le Gosplan.
Zlotzky, privatiseur public