La seule manière de supporter revers après revers est d'aimer l'idée même de revers. Si on y parvient, plus de surprises : on est supérieur à tout ce qui arrive, on est une victime invincible.
CIORAN
De l'inconvénient d'être né
| Juillet 2008 | ||||||||||
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Ils ont voté et puis après… chantait Ferré. Je ne sais pas pourquoi mais l’une des 1ères choses qui me vint à l’esprit après le résultat du 1er tour des présidentielles fut une irrépressible envie d’écouter cette chanson du vieux Léo que je n’avais plus entendue depuis des lustres. Un peu comme un appel physiologique, un instinct de survie ou plus simplement une bouffée d’air frais pour tempérer les bouffées fatalistes de mépris qui commençaient à me nouer l’estomac.
La fatalité justement. Elle est omniprésente dans la chanson de Ferré mais en même temps on sent bien qu’il a dépassé le stade de la rancœur pour une situation de retrait prudent, légèrement alcoolisé, ça aide… Le désenchantement est chanté sur une petite musique plutôt agréable, printanière, presque primesautière, qui tranche avec l’aigreur des paroles :
« …et vous voudriez que je cherche la moitié d’un cul à botter, en ces temps on ne voit pas lerche, ils n’ont même plus de cul les français, ils ont voté et puis après… »
« C’est un pays qui me débecte, pas moyen de se faire anglais, ou suisse ou con ou bien insecte, ils sont tous con…fédérés… »