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Mercredi 17 octobre 2007

Dans un éditorial de « Challenge » Denis Kessler, ancien N° 2 et idéologue du MEDEF, s’en prenait aux programme social du CNR (Conseil National de le Résistance), base fondatrice de l’ensemble de l’édifice social français contemporain, qu’il conviendrait, selon lui, de « réformer » d’urgence (comprendre : détruire).

Se reporter à ce sujet sur les commentaires avisés de Jérôme Pélissier qui conclut son article par quelques citations pour le moins édifiantes dont je ne peux résister au plaisir de restituer ci-dessous la paire gagnante :

Richard Liscia, rédacteur en chef du Quotidien du médecin :
 «  Même les gens âgés doivent participer à la production nationale (…). Si nous étions extrêmement cyniques, nous dirions que le moment arrive où, du point de vue de la dépense publique, il vaudrait mieux que meurent les gens qui veulent rester oisifs »

ou l’économiste Alain Cotta, qui « compte tenu de l’augmentation abrupte du coût de maintien en vie de [la] population du 4e âge », songe à « une sorte d’autorégulation organisée par la société qui (créerait) une fonction sociale : donner la mort ».

On y arrive enfin et les masques commencent à tomber. Si Richard Liscia s’encombre encore d’une vague pudeur culpabilisante en se réfugiant  sous la formule « si nous étions extrêmement cyniques… », Alain Cotta lui, ne s’embarrasse pas de ce genre de réserve et annonce clairement la couleur. En bon économiste rationnel Cotta considère les populations retraitées comme autant de charges insupportables qui plombent les bilans et donc limitent les profits. Il convient donc d’éliminer ces charges inutiles qui coûtent une fortune et ne rapportent rien.

Mais à y regarder de plus prés, et en toute logique si l’on s’en tient cette fois à la phrase de Liscia qui parle des « gens qui veulent rester oisifs », ce ne sont pas seulement les vieux qui seraient concernés mais donc tous ceux qui « veulent rester oisifs ». C’est à dire tous les improductifs tels que chômeurs, SDF, handicapés, prisonniers ou autres marginaux du système économique, qui, c’est bien connu, « veulent rester oisifs ».

Eh bien on va leur montrer, à tous ces oisifs, ce que c’est que le néo-libéralisme économique tel qu’il se préfigure à l’aube de ce siècle. Il va falloir qu’ils comprennent rapidement que nous devons faire face à des armées de Niakoués innombrables qui vont bientôt nous bouffer tout crus et qu’il n’est pas admissible que des pans entiers de nos populations outrageusement privilégiées continuent à se la couler douce en s’engraissant aux dépends des forces vives de la nation. On a assez rigolé comme ça, « il est temps de siffler la fin de la récréation » comme le disait le Baron Seillières qui en connaît un rayon en matière de subventions.

Réduire ou supprimer les aides sociales diverses n’est plus suffisant. Il est grand temps de passer à l’étape suivante et d’afficher notre détermination. Du social nous ne conserverons donc qu’une « fonction », celle de « donner la mort », comme le dit si bien Cotta.

Cela rappelle le film "Soleil vert" qui date déjà d'une bonne trentaine d'années et dans lequel on euthanasiait les populations âgées surnuméraires pour faire face à un excédent démographique.

Les improductifs sont donc en passe de constituer une simple variable d’ajustement sur laquelle les dirigeants pourront peser pour présenter un bilan positif, un budget équilibré, une dette publique réduite à néant et conséquemment des charges sur les entreprises réduites à leur plus simple expression.

Peut-être juste une modeste contribution pour le financement de la production de masse des injections létales ? 

 

 

 

 

Par Zlotzky - Publié dans : Rage
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