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Vendredi 27 juillet 2007

Ainsi la préfecture des Bouches du Rhône vient de prolonger les dérogations permettant à « la plus grande zone commerciale de France » (on a les records qu’on peut) d’ouvrir les dimanches. Saluons comme il se doit cette remarquable avancée volontariste dans la modernité.

Ne reste plus désormais qu’à ouvrir aussi les lundis (c’est vrai quoi ! La plupart des magasins restent scandaleusement clos les lundis, que l’on mette vite fin à cet insupportable encouragement à la fainéantise généralisée !) Et surtout ne nous arrêtons pas en si bon chemin, luttons maintenant pour une ouverture 24h sur 24, comme aux States. Et pis tant qu’on y est bradons ces foutus CDI, contrats archaïques pour paresseux congénitaux contaminés par des décennies de terrorisme bolchevique. Revenons aux bons vieux contrats de gré à gré où la camionnette patronale pointait quotidiennement dans une aube socialement prometteuse pour collecter quelques manants sur la place du village pour une journée de 14h rétribuée de quelques piécettes.

Et pis faut bien satisfaire la demande, d’après un sondage paraît que  70% des con-sommateurs dominicaux affirment qu’ils n’achèteraient pas en semaine ce qu’ils achètent le dimanche. Etonnant. J’imagine le fion moyen subrepticement sondé :

« Monsieur, que feriez-vous si votre magasin n’ouvrait plus le dimanche ?

- Bah c’est clair, moi je refuserais d’acheter ma camelote si on m’obligeait à le faire en semaine ! »

Qui sont donc ces gens qui refuseraient d’acheter en semaine ce qu’ils achètent le dimanche ? Et qu’achètent-ils de si mystérieux ?

La con-sommation a des raisons que la raison ignore…

 

 

Zlotzky, consommateur les jours ouvrés.

par Zlotzky publié dans : Actualité
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Mercredi 10 janvier 2007

Cette splendide unanimité sur le personnage de Nicolas Hulot est forcément suspecte et démontre simplement que le produit médiatique Hulot ne dérange finalement personne, d’où ce touchant consensus national qui lui vaut le ralliement enthousiaste et sans réserve de toutes les tendances politiques.

Il convient désormais, pour faire bonne figure et obtenir l’imprimatur populaire, que chaque candidat à la présidentielle soit dûment labellisé « conforme au pacte écologique hulotesque ». Ca ne mange pas de pain, ça n’engage à rien, et ça se limite à un récital de déclarations d’intentions très vagues que même la FNSEA ne refuserait pas dans le domaine agricole.

D’ailleurs, tout un cheptel d’entreprises connues payent même un droit de licence pour être estampillées « Ushuaïa », label détenu par TF1 à qui il rapporte 100 millions d’Euros par an, autant de gagner pour continuer à éduquer «  les temps de cerveaux disponibles » à l’écologie façon NH.

La fondation Ushuaïa est sponsorisée par EDF (Hulot ne remet pas en cause le nucléaire, mais bon, c’est ça ou la bougie…), L’oréal, TF1, les Autoroutes du Sud de la France, Tetra pak, Lafarge, Bouygues et bien d’autres, autant d’entreprises connues pour leur philanthropie et leur haute opinion de l’écologie. Il est d’ailleurs assez cocasse de voir de quelle façon ces boîtes maîtrisent l’art de la récupération du discours environnementaliste dont leurs services com’ recyclent lourdement le message pour le restituer sous la forme d’un slogan marketing qui finirait par vous faire croire qu’une inhalation quotidienne d’éther de glycol est un bienfait pour la santé.

Le Hulot se garde bien de s’aventurer sur le terrain politique dont son pacte est d’ailleurs totalement expurgé afin de ne fâcher personne. L’écologie y est considérée comme un simple vade mecum de bon sens qui transcende les clivages politiques et parfaitement compatible avec le système économique dominant qu’il ne faudrait surtout pas remettre en cause…

A part ça n’oubliez pas de fermer le robinet lorsque vous vous lavez les dents.

 

 

Pour plus de détails consultez cet intéressant article : http://www.decroissance.org/index.php?chemin=textes/hulot.htm

Zlotzky, empêcheur de pactiser en rond

 

 

 

 

 

par Zlotzky publié dans : Actualité
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Lundi 13 novembre 2006

Impayable, le commentaire entendu sur France Inter la semaine dernière (je crois que c’était le 07/11/06) à propos de l’élection de Daniel Ortega au Nicaragua ! Bien que ce dernier ait quelque peu viré sa cuti et semble atteint d’une sorte de sénilité intellectuelle qui le pousse à invoquer le pape comme référence de pensée, le commentateur - dont j’ai oublié le nom - présentait donc Ortega comme « le cauchemar de Washington » mais surtout comme « l’allié de l’URSS et de Cuba » et encore comme celui « qui a rendu la conscription obligatoire ».

On admirera le sens du raccourci de France Inter et cette façon pour le moins tendancieuse de présenter en quelques formules lapidaires celui qui symbolisait la révolution Sandiniste et la résistance aux USA et leurs marionnettes de la « contra ».

Ortega y est promptement habillé pour l’hiver et exécuté au nom du principe de précaution idéologique au cas ou quelques pauvres d’esprit s’aviseraient d’accorder ne serait-ce qu’un semblant de crédit ou un commencement de sympathie pour le personnage. Pour la bonne cause France Inter n’hésite pas à exhumer la dépouille de feu l’URSS, cadavre décomposé depuis maintenant une quinzaine d’années, et bien sûr à agiter l’épouvantail castriste, incarnation du repoussoir absolu.

Inutile de préciser aux auditeurs que si les Sandinistes se sont tournés vers l’URSS et Cuba c’était tout simplement parce qu’ils étaient les seuls à pouvoir les aider et qu’un petit pays exsangue comme le Nicaragua de l’époque ne pouvait s’offrir le luxe de refuser cette aide. L’Europe s’était quant à elle – avec sa légendaire lâcheté en matière de politique étrangère - bien gardée de contrarier le grand frère américain.

Quant à la conscription obligatoire, les auditeurs de France Inter ne sauront pas qu’Ortega y a été acculé pour avoir une chance de résister à la « Contra », massivement soutenue par les USA et financée par l’Irangate, en s’engageant dans une guerre épuisante qui fera 30000 morts et laissera le pays KO.

Mais c’eut été trop demander à la « radio de service public » de nuancer un tant soit peu sa présentation tellement partisane mais si peu surprenante.

 

 

Zlotzky, correcteur de chroniques après diffusion.

 

par Zlotzky publié dans : Actualité
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Samedi 16 septembre 2006

La fin du service public ? Evidemment. Et il est grand temps. Suffit de voir les brillants succès rencontrés dans les privatisations des secteurs énergétiques de par le monde, électricité notamment, et en Californie particulièrement où l’on avait recommandé à la population d’éviter d’utiliser les guirlandes lumineuses de Noël pour éviter de saturer le réseau ! Exemple emblématique des résultats d’une gestion particulièrement rigoureuse et soucieuse du bien public…

Le service public c’est ringard et inefficace, chacun le sait. C’est un monopole improductif qui vit grassement sur une rente de situation, peuplé de fonctionnaires indolents et paresseux qui rotent de satisfaction à l’idée qu’ils sont peinards dans leurs emplois dorés à vie, sans risque d’être remis en question par la faute d’un concurrent avide de gains de parts de marché.

Croyez-moi, rien ne vaut l’efficacité d’une bonne gestion privée qui va vous dégraisser tout ça, virer les improductifs, exercer une pression permanente sur ceux qui auront eu l’immense privilège d’être maintenus en fonction, comprimer la masse salariale, les frais fixes, les frais de maintenance, les investissements et les charges pour préserver un bilan financier présentable aux actionnaires.

Et puis c’est bien connu et on se demande pourquoi il faut encore le répéter : la privatisation c’est la concurrence, la libre concurrence qui stimule l’imagination et incite fatalement à baisser les tarifs pour séduire le maximum de clients pour leur plus grand profit. On n’arrête pas de le répéter dans les médias : le consommateur y trouvera son compte. Comme le californien avec ses guirlandes de Noël, comme l’anglais qui s’aventure à prendre le train ou bien le français qui ouvre son robinet de flotte et qui s’extasie de la payer aussi peu cher depuis que l’ancienne régie municipale l’a refourguée à Véolia. C’est du tout bon pour le consommateur, c’est l ‘évidence même.

Peu importe que l’éphémère offre multiple de « services » qui fera illusion un temps finira par s’atrophier en un classique et inévitable phénomène de concentration, un effet « trou noir », (les gros poissons mangeront les plus petits) pour aboutir, in fine, à un monopole de fait ou un co-monopole, un cartel aux intérêts communs bien compris qui se partageront le marché comme les groupes mafieux se partagent les différents secteurs de l’économie parallèle : à moi les putes, à toi la came, à lui le trafic d’armes.

Tout cela est étonnamment moderne.

Et puis de toute façon c’est ça ou le Gosplan.

 

 

Zlotzky, privatiseur public

par Zlotzky publié dans : Actualité
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Dimanche 21 mai 2006

L’esclavage, finalement, fut une sorte d’immigration forcée.

 

 

Puis vînt le salariat qui, suivant la logique historique intrinsèque de l’accumulation des moyens de production et de la consommation de masse, se trouva à un moment donné de son histoire en situation de pénurie de main-d'œuvre. Il fallut donc mandater une cohorte de rabatteurs pour ratisser quelques villages maghrébins ou d’autres pays africains afin d’inciter des paysans incultes à venir goûter au bonheur extatique du paradis occidental, moyennant la mise à disposition de leur force de travail pour contribuer à l’expansion des pays d’accueil désintéressés et en échange de salaires qui, vus de l’autre côté de la Méditerranée, semblaient mirobolants mais que ces feignants d’ouvriers français trouvaient malgré tout inacceptables au regard des tâches assez rebutantes à accomplir. Ce fut la période de ce que l’on pourrait appeler l’immigration «encouragée ».

 

 

Puis vînt la « crise ». Ceux que l’on avait incité jusqu’alors à venir en nombre n’étaient soudainement plus les bienvenus. Le chômage désormais augmentait hardiment, la concurrence internationale s’exacerbait, les entreprises françaises perdaient des parts de marchés, la croissance se maintenait à des niveaux fort timides ; bref, ce fut la fin de ce que l’on a coutume de nommer les « 30 glorieuses » et le début de l’ère de la mondialisation, des dérégulations, de la liberté totale des mouvements de capitaux, de l’OMC et des délocalisations. Désormais on entra dans la période de ce que Sarko appelle l’immigration « subie ». Parce qu’on « subirait » désormais les assauts incontrôlés de hardes de miséreux que notre économie atone ne saurait convertir durablement en une croissance radieuse. Pire, sous-employés, livrés au chômage et marginalisés, exclus du processus de consommation, ces populations alimenteraient ainsi en chair jeune et disponible les gangs banlieusards désormais si prompts à l’émeute et partant, renforceraient les instincts racistes et le vote Front National des « Français de souche » de condition modeste encore à peu prés épargnés par la paupérisation et la précarité.

 

 

Mais voila. Un phénomène purement démographique risque d’inverser à nouveau la donne dans les années à venir : la population française – à l’instar de la pluparts des pays riches – vieillit. Elle vieillit tant et si bien que certains prévoient d’ici peu de nouvelles pénuries de main-d’œuvre dans les années à venir.  Pénuries qui pourraient être passablement endiguées par l’apport de nouveaux immigrants. Mais attention, hein, pas n’importe qui et pas n’importe comment. S’agit de tirer les leçons du passé, de ne pas refaire les mêmes erreurs. Ne seront dés lors admis à franchir les portes du paradis occidental que quelques poignées d’heureux élus dûment sélectionnés. Pendant qu’il se rasait Sarko a accouché d’un nouveau concept : l’immigration « choisie ». Ce vocable emprunté au langage marketing suggère une position sociale de consommateur averti et heureux pénétrant allègrement dans un supermarché dans lequel il effectuera ses emplettes sélectives, examinant d’un œil critique telle marque pour finalement en choisir une autre, dédaignant tel yaourt à l’emballage un peu tristounet pour un autre plus avenant, testant d’un œil connaisseur telle marque de crème antiride et n’hésitant pas , parfois, à se risquer d’essayer un nouveau produit aguichant tout en se convaincant que son sens critique lui permettra de juger, en dernier lieu, s’il est digne d’intégrer dés lors la panoplie de ses produits préférés. La liberté de choix. Ou prétendue telle.

 

 

Au supermarché africain, l’Europe, à l’avenir, fera ses choix. En fonction de ses besoins. Elle détournera donc les maigres forces vives et qualifiées des pays pauvres pour les expédier à salaires moindres et sous contrats restrictifs vers le Nord combler les déficits de tel ou tel secteur économique en manque de bras ou de cerveaux.

 

 

Après tout les hôpitaux fonctionnent déjà depuis des années avec une foultitude de médecins étrangers originaires des PVD et payés au lance-pierres. Et de toute façon que feraient tous ces travailleurs qualifiés dans leurs pays d’origine, incapables de leur offrir un statut social à la mesure de leurs ambitions ? Et puis ça permet aussi à la France de faire quelques économies sur ses investissements universitaires.

 

 

Par les temps qui courent, il n’ y a pas de petites économies.

 

 

 

 

 

Zlotzky, immigré mal choisi.
par Zlotzky publié dans : Actualité
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