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Actualité

Vendredi 14 avril 2006

Amendement Vivendi ou « du bon usage du lobbying »

 

 

 

 

 

 

C’était à prévoir. Ils l’ont fait. Le nouveau machin flicard s’appelle DADVSI ("droits d'auteurs et droits voisins dans la société de l'information" (ou DRM – digital rights management - pour les mondains qui ne causent pas gaulois), mais le mieux est encore de retenir l’appellation non contrôlée d’ « amendement Vivendi » qui est bien plus évocatrice du contenu réel et des arrière-pensées de ce projet de loi voté à l’assemblée par une majorité UMP qui décidément se surpasse pour se rendre populaire. Et peu importe, d’ailleurs, la signification de ces sigles rebutants, la seule chose qu’il faut en retenir c’est qu’ils pénalisent désormais quasiment toute forme de copie privée mais aussi – ce qui est plus grave – le développement des logiciels libres. A titre d’exemple l'édition de logiciels "destinés à l'échange et au téléchargement illégal d'œuvres protégées" sera passible de 3 ans de prison et de 300.000 euros d'amende. Excusez du peu.

 

 

Surpris et dépassé par le développement imprévisible d’une technologie dont il ne s’attendait pas à ce qu’elle puisse être ainsi appropriée par le tout-venant sans le moindre calcul commercial, l’ordre médiatique du Pouvoir et de l’Argent vient d’imposer, via ses larbins du gouvernement, une loi destinée à reprendre les choses en main. En l’occurrence la main d’un marché pas si invisible qu’il le prétend…

 

 

Comment ? Qui sont ces illuminés qui osent pratiquer l’échange sans rétribution ? ces arriérés qui réinventent le troc en version virtualisée, sans prébendes ou échanges d’espèces ? Ces inconscients qui osent développer des logiciels « open source » que chacun pourra contribuer à enrichir et diffuser massivement, et ce, GRATUITEMENT ? Probablement des fous, ou pire encore, des terroristes. Car seuls des fous ou des terroristes peuvent ainsi se livrer à de telles provocations. Provocations ? Le mot est faible, osons dire attentats. Attentats contre le pilier fondamental qui soutient toute cette société : celui de l’Ordre Marchand. Car s’il est une notion – il faudrait parler plutôt de valeur – qui porte fondamentalement en elle la subversion, c’est bien la gratuité.

 

 

Parole d’Ubu, tout est Marché et rien ne doit échapper au Marché. Chacun sait, en effet, qu’il serait profondément immoral de spolier les grandes firmes du marché de la musique dont les vertus éthiques et l’altruisme ne font aucun doute.

 

 

Et les artistes ? Il était pour le moins émouvant d’assister à ce concert unanime (ou quasi) des représentants les plus emblématiques des « artistes » bien de chez nous. Ces pauvres milliardaires ont les neurones tellement atomisés par leurs droits Sacem qu’ils n’ont toujours pas été foutus de comprendre que l’essentiel du gâteau revenait aux maisons de disques alors que les différents créateurs se partagent à peu prés 14% du prix d’un CD, comme l’ont démontré plusieurs analyses (voir les articles de Robert Di Cosmo). Pauvres artistes français qui n’ont toujours pas compris qu’un système de licence globale leur permettrait même de gagner plus qu’aujourd’hui en éliminant les intermédiaires parasites… Accrochés à leur pactole comme de vieilles rentières du second Empire, leur réaction de notaires provinciaux à l’esprit étriqué et mesquin est à peu prés à l’image de la production musicale qu’ils commettent depuis trop d’années sur radios et télés qu’ils squattent comme des tiques depuis parfois des décennies. Concédons qu’il soit probable que certains d’entre eux aient pu être abusés par les pressions de leurs maisons de disques qui auront ainsi réussi à les transformer en avocats bénévoles de leur cause mercantile. Très fort !

 

 

Au SMIC les artistes ! Et que chacun fasse sa petite musique et la communique, on fera le tri…

Zlotzky 10/04/06

Par Zlotzky
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Vendredi 14 avril 2006

Epatant le coup du patriotisme économique ! Voila que pour mieux faire avaler la pilule amère de la mondialisation aux populations en voie larvée de tiers-mondisation, on nous ressort le mythe de la patrie en danger revu en version économique postmoderne. Il s’agit de réveiller les instincts nationalistes et chauvins du bon peuple pour mieux le détourner de la complicité soumise des politiciens avec les Maîtres du Monde, ceux de la finance et de l’actionnariat cumulatif. Pas bien grave si ce chauvinisme fonctionne à sens unique et si, pour prendre le dernier exemple emblématique, l’alliance de GDF avec Suez était déjà concoctée depuis un bail, bien avant les velléités opéaesques du rival italien honni.

 

 

L’occasion était politiquement trop belle – et trop rare- pour la laisser échapper. Belle opportunité, pour un gouvernement aux abois, de lancer un jet de poudre aux yeux courroucés d’une opinion décontenancée à l’humeur vagabonde.

 

 

Oyez, braves gens ! Voyez comme nous sommes vigilants et veillons de prés à maintenir notre courageuse et opiniâtre économie nationale, berceau de vos emplois et de la pérennité de votre bien-être (social), voyez avec quelle détermination votre gouvernement dévoué a réagi aux tentatives perfides de douteux capitaux étrangers de s’accaparer notre richesse collective, fruit de notre labeur commun. Allons-nous donc laisser ainsi un sang impur abreuver les sillons de nos vaillantes compagnies nationales ? Jamais !

 

 

On respire.

 

 

Mais qui pourrait encore accorder le moindre crédit à ce genre de déclaration martiale ? Les politiciens ne contrôlent quasiment plus rien mais le pire c’est qu’ils ont tout fait pour en arriver là. Ils sont issus du même sérail que les maîtres de l’économie et sont à leurs ordres de la façon la plus soumise qui soit. Ils viennent des mêmes familles, des mêmes clans, de la même classe, se fréquentent assidûment et se tapent sur l’épaule quand ils décident en commun de lancer une nouvelle mesure qui favorisera encore d’avantage l’accumulation capitalistique. La seule différence c’est que les politiciens ont des comptes à rendre et qu’ils doivent encore composer avec les élections pour se maintenir en place. Non pas que leurs rivaux risquent d’inverser l’ordre des choses (cela se saurait) mais simplement leurs rivaux peuvent leur piquer la place et ça, c’est insupportable. Alors comme il faut bien passer le seuil de ces foutues élections pour maintenir un semblant de démocratie de façade, le mieux est d’arriver à faire croire au bon peuple que les choix qui sont faits sont les meilleurs, ou mieux encore, qu’il n’y a pas d’autre choix. Et si quelque illuminé prétendait le contraire, surtout ne pas voter pour lui, cela reviendrait à se jeter dans un gouffre pour une chute vers l’Enfer qui est, comme chacun sait, pavé de bonnes intentions. Donc statu quo.

 

 

Et pour perpétuer ce statu quo rien de tel que de contrôler les médias pour être sûr qu’ils diffuseront la Bonne Parole, celle qui nous ressassera que nous n’avons pas le choix, qu’il faut accepter la situation, qu’il faut se battre et prendre des risques si on veut pas se faire bouffer.

 

 

De ce point de vue en tout cas nous voici tout à fait rassurés, les médias sont entre de bonnes mains, des mains bien de chez nous, de bonnes mains françaises : des marchands de canons (Lagardère, Dassault) ou de grands industriels philanthropes (Bouygues).

 

 

Nous pouvons dormir tranquilles…

Zlotzky 12/04/06

Par Zlotzky
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Vendredi 14 avril 2006

CO2

Tous les gouvernements français successifs se targuent des « performances » françaises dans le respect des objectifs de Kyoto, « performances » dues uniquement au fait que la France possède le plus gros parc d’énergie nucléaire du monde. Ainsi le CO2 épargné en amont, par une alchimie technico-économique épatante, se trouve donc converti en barils vitrifiés de plutonium dont on ne sait que foutre. Pas grave, ce léger inconvénient n’est pas pris en compte dans le protocole de Kyoto et puis il sera toujours temps d’en reparler dans 40000 ans. Nous disposerons peut-être encore, à cette époque, d’un ministère de l’écologie aussi efficace que celui qui sévit actuellement et qui vient encore de manifester sa redoutable vigilance en matière environnementale à l’occasion du débat sur la nouvelle loi sur l’eau supposée dépolluer nos rivières et nos nappes phréatiques. « Le Canard Enchaîné » nous apprend ainsi que le ministre de l’environnement, main dans la main avec son collègue de l’agriculture (traditionnellement un modèle d’audace en matière d’écologie) vient de concocter une modification des lois relatives à l’élevage intensif, redoutable producteur de nitrates, phosphates et autres ammoniaques, qui ont la fâcheuse tendance à se retrouver dans les nappes phréatiques et à générer une surproduction d’algues vertes parasites et nauséabondes bien connues des côtes bretonnes. Histoire, donc, de remédier à ce fâcheux problème, notre ministre de l’écologie vient d’assouplir les règles d’augmentation des cheptels concentrationnaires jusqu’ici soumises à de timides autorisations préfectorales supposées être accordées après études sur l’impact environnemental. Bien que ces autorisations ne se résumaient dans la plupart des cas qu’à de simples formalités tant la trouille préfectorale de se mettre à dos le lobby agricole était grande,  elles avaient au moins le mérite d’exister et de servir de base juridique en cas de contestation.

 

 

Ainsi un poulailler industriel de 20000 volatiles pourra-t-il désormais passer à 35000 sans que personne ne puisse légalement s’y opposer. Le même poulailler ou une usine à porcs pourra aussi désormais s’implanter à 50 mètres d’un gîte rural (contre 100 aujourd’hui) et étendre son lisier jusqu’à 10 mètres d’un puits de forage (contre 35 aujourd’hui)

 

 

Rappelons que la réglementation actuelle était déjà une des plus laxistes d’Europe et qu’elle était souvent violée quotidiennement dans l’impunité la plus totale. Au moins désormais sera-t-elle plus en conformité avec la réalité du terrain.

 

 

Mais moi dans tout ça ? Que fais-je donc pour m’efforcer de mettre en pratique le protocole de Kyoto ? Promis-juré ! Je veille scrupuleusement à ne pas laisser le robinet couler lorsque je me brosse les dents et je n’utilise que de l’eau froide…

Zlotzky, hygièniste non frileux

 

 

 

Par Zlotzky
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Vendredi 14 avril 2006

PAC

Curieusement, alors que les médias et les aigris défaits par la victoire du « non » nous promettaient une offensive sans précédent de la perfide Albion, les récentes déclarations de Blair, loin de s’afficher comme un pensum ultra-libéral (ce qui eut été par trop grossier d’un point de vue de stricte tactique politique), ont au moins le mérite de poser un certain nombre de questions de fond quant aux finalités de la politique européenne. Et de la PAC plus précisément.

 

 

 

Car s’il est un paradoxe particulièrement symbolique de la politique de l’UE, c’est bien la PAC qui le caractérise le mieux. En effet, la PAC est à ce jour la seule véritable politique authentiquement européenne. Il n’est aucun autre domaine économique, politique ou culturel où les mécanismes communautaires ont été techniquement menés aussi loin. Qui plus est, cette politique – au moins jusqu’ à une période récente, n’avait strictement rien de libéral, bien au contraire, puisqu’elle abreuvait les agriculteurs de subventions publiques, tant nationales qu’européennes, dont les agriculteurs français étaient (et sont toujours) les premiers à en tirer bénéfice. Dans l’absolu, on pourrait se réjouir d’un tel exemple emblématique qui viserait à protéger une catégorie de la population tout en maintenant une volonté d’autonomie agricole. Mais lorsque l’on regarde les choses de plus prés on s’aperçoit que le système est totalement absurde, injuste, et écologiquement aberrant.

 

 

 

On ne saurait donner tort à Blair de faire ressortir l’hypertrophie du budget agricole dans le budget européen (les fameux 40% qui frisaient presque les 50% il y a encore peu), surtout si on le compare au budget de la recherche ou plus simplement de n’importe quel autre budget. Je ne me fais évidemment pas d’illusion sur les arrières pensées Blairistes dont les conceptions économiques sont toutes basées sur la mise en compétition systématique de tous les acteurs sociaux et économiques, quelque soient les inégalités flagrantes de leurs moyens respectifs. Néanmoins, le fait de jeter un pavé dans la mare et de poser la question de la PAC est une opportunité de débat politique à saisir, n’en déplaise à la France et à Chirac.

 

 

 

Historiquement, le subventionnement de l’agriculture française a été principalement obtenu par le biais d’une négociation entre la France et la RFA. Cette dernière voulait faciliter l’écoulement de ses produits en échange d’une contribution budgétaire au profit des agriculteurs français. Bien entendu, beaucoup d’eau (nitratée) a coulé depuis sous les ponts.

 

 

 

Rappelons en quelques mots que les subventions agricoles concernent moins de 5% de la population active et que 80% d’entre elles vont aux 20% les plus riches. Elles constituent donc un encouragement implicite à l’agriculture productiviste, la plus polluante et gourmande en besoins aquifères et phytosanitaires. Ce n’est que tout récemment (environ 2 ans si je me souviens bien) qu’une partie de la PAC a été revue en fonction de (timides) critères environnementaux et d’aides de soutien aux revenus plutôt qu’en aides indexées à la production. Les agriculteurs français ont évidemment été les 1ers à s’opposer à ce genre d’évolution (Il aurait d’ailleurs été amusant de constater quelle aurait été leur réaction si cette réforme avait été signée par un gouvernement de gauche…). Bien entendu ce subtil changement d’aide aux revenus ne change pas grand-chose dans les faits puisque le calcul des dits revenus est proportionnel au niveau de production. La forme a évolué, le fond reste globalement le même. Passons…

 

 

 

En outre, Les premières victimes collatérales de ce système (qui sévit non seulement dans l'UE mais dans tous les pays riches, USA en tête) sont les pays pauvres, pas ou peu industrialisés, où le secteur agricole est prépondérant dans la balance commerciale et la recherche de devises par l'exportation. Les effets pervers de ce système sont en même temps aggravés par les taxes douanières de l'UE (jusqu'à 250% sur certains produits) qui finissent de facto par interdire toute entrée des produits agricoles des pays pauvres sur le sol occidental. On n'a guère idée des conséquences dramatiques que ce protectionnisme entraîne étant donné que, à l'inverse de l'agriculture occidentale hyper mécanisée et peu pourvoyeuse d'emplois, l'agriculture des pays pauvres constitue le plus souvent le premier secteur d'emplois de masse et l'unique moyen de survie des populations. Certes, l’objectif de l’autonomie agricole devrait, là comme ailleurs, être leur premier souci, mais la possibilité d’exporter leurs produits devrait  néanmoins leur être facilitée.

 

 

 

Mais au-delà de cet aspect économique totalement inique, s'ajoute un véritable désastre écologique. L'incitation productiviste conduit à des pratiques agricoles particulièrement néfastes pour l'environnement qui se traduisent par un dopage accru des sols et à un appauvrissement assez rapide de leur fertilité qui exige donc à nouveau un recours toujours plus massif d'intrants pour compenser cette perte. Les besoins en eau sont sans cesse plus exigeants (d'autant que les subtilités de certaines subventions font qu'on encourage, par exemple, la culture du maïs, plante particulièrement gourmande en eau et favorisant l'érosion des sols) et ces nappes phréatiques toujours d'avantage mises à contribution (à des tarifs scandaleusement bas) subissent de graves et quasi irréversibles pollutions chimiques en tous genres dues au drainage des produits phytosanitaires ou des lisiers d'élevage hors sols par les pluies. Les Bretons savent bien de quoi je parle, eux qui ne peuvent même plus boire l'eau du robinet.

 

 

 

La PAC n’a pas besoin d’une réforme, elle a besoin d’une révolution. Non pas une révolution libérale qui viserait à livrer l’agriculture au seul jeu du libre-échange en supprimant toute forme de subventions – ce qui est l’objectif inavoué de Blair et de ses thuriféraires - mais une révolution qualitative qui préservera l’autonomie agricole de l’UE tout en respectant scrupuleusement des cahiers des charges environnementaux très stricts et en se donnant les moyens de contrôle nécessaires à la mesure d’une telle ambition. Le redéploiement des subventions devra s’établir à l’aune de cette philosophie en permettant l’existence des petites exploitations qui sont aujourd’hui – et depuis des lustres – les premières victimes de la PAC.

 

 

 

De ce point de vue, tout débat visant à sa remise en question sera le bienvenu. Et sans attendre 2013.

Zlotzky, qui sait aussi parfois être sèrieux.

 

 

 

Par Zlotzky
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Dimanche 21 mai 2006

L’esclavage, finalement, fut une sorte d’immigration forcée.

 

 

Puis vînt le salariat qui, suivant la logique historique intrinsèque de l’accumulation des moyens de production et de la consommation de masse, se trouva à un moment donné de son histoire en situation de pénurie de main-d'œuvre. Il fallut donc mandater une cohorte de rabatteurs pour ratisser quelques villages maghrébins ou d’autres pays africains afin d’inciter des paysans incultes à venir goûter au bonheur extatique du paradis occidental, moyennant la mise à disposition de leur force de travail pour contribuer à l’expansion des pays d’accueil désintéressés et en échange de salaires qui, vus de l’autre côté de la Méditerranée, semblaient mirobolants mais que ces feignants d’ouvriers français trouvaient malgré tout inacceptables au regard des tâches assez rebutantes à accomplir. Ce fut la période de ce que l’on pourrait appeler l’immigration «encouragée ».

 

 

Puis vînt la « crise ». Ceux que l’on avait incité jusqu’alors à venir en nombre n’étaient soudainement plus les bienvenus. Le chômage désormais augmentait hardiment, la concurrence internationale s’exacerbait, les entreprises françaises perdaient des parts de marchés, la croissance se maintenait à des niveaux fort timides ; bref, ce fut la fin de ce que l’on a coutume de nommer les « 30 glorieuses » et le début de l’ère de la mondialisation, des dérégulations, de la liberté totale des mouvements de capitaux, de l’OMC et des délocalisations. Désormais on entra dans la période de ce que Sarko appelle l’immigration « subie ». Parce qu’on « subirait » désormais les assauts incontrôlés de hardes de miséreux que notre économie atone ne saurait convertir durablement en une croissance radieuse. Pire, sous-employés, livrés au chômage et marginalisés, exclus du processus de consommation, ces populations alimenteraient ainsi en chair jeune et disponible les gangs banlieusards désormais si prompts à l’émeute et partant, renforceraient les instincts racistes et le vote Front National des « Français de souche » de condition modeste encore à peu prés épargnés par la paupérisation et la précarité.

 

 

Mais voila. Un phénomène purement démographique risque d’inverser à nouveau la donne dans les années à venir : la population française – à l’instar de la pluparts des pays riches – vieillit. Elle vieillit tant et si bien que certains prévoient d’ici peu de nouvelles pénuries de main-d’œuvre dans les années à venir.  Pénuries qui pourraient être passablement endiguées par l’apport de nouveaux immigrants. Mais attention, hein, pas n’importe qui et pas n’importe comment. S’agit de tirer les leçons du passé, de ne pas refaire les mêmes erreurs. Ne seront dés lors admis à franchir les portes du paradis occidental que quelques poignées d’heureux élus dûment sélectionnés. Pendant qu’il se rasait Sarko a accouché d’un nouveau concept : l’immigration « choisie ». Ce vocable emprunté au langage marketing suggère une position sociale de consommateur averti et heureux pénétrant allègrement dans un supermarché dans lequel il effectuera ses emplettes sélectives, examinant d’un œil critique telle marque pour finalement en choisir une autre, dédaignant tel yaourt à l’emballage un peu tristounet pour un autre plus avenant, testant d’un œil connaisseur telle marque de crème antiride et n’hésitant pas , parfois, à se risquer d’essayer un nouveau produit aguichant tout en se convaincant que son sens critique lui permettra de juger, en dernier lieu, s’il est digne d’intégrer dés lors la panoplie de ses produits préférés. La liberté de choix. Ou prétendue telle.

 

 

Au supermarché africain, l’Europe, à l’avenir, fera ses choix. En fonction de ses besoins. Elle détournera donc les maigres forces vives et qualifiées des pays pauvres pour les expédier à salaires moindres et sous contrats restrictifs vers le Nord combler les déficits de tel ou tel secteur économique en manque de bras ou de cerveaux.

 

 

Après tout les hôpitaux fonctionnent déjà depuis des années avec une foultitude de médecins étrangers originaires des PVD et payés au lance-pierres. Et de toute façon que feraient tous ces travailleurs qualifiés dans leurs pays d’origine, incapables de leur offrir un statut social à la mesure de leurs ambitions ? Et puis ça permet aussi à la France de faire quelques économies sur ses investissements universitaires.

 

 

Par les temps qui courent, il n’ y a pas de petites économies.

 

 

 

 

 

Zlotzky, immigré mal choisi.
Par Zlotzky
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