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Lundi 24 mars 2008

En ce 40ème anniversaire de mai 68 – on adore en France les commémorations - les médias font une nouvelle fois étalage de l’immuabilité de leurs us et coutumes.

Il devient quasi impossible d’échapper aux plateaux avec leur cohorte d’invités sans surprises qui ressassent jusqu’à plus soif leurs exploits d’antan dans des discours interchangeables resservis ad nauseam sur chaînes télé, radios et presse écrite.

La brochette des anciens maoïstes et gauchistes recyclés bobos socio-libéraux aux comptes en banque à cinq zéros – les BHL, Glucksmann, Cohn-Bendit et consorts – viennent donc faire la leçon au bon peuple sans oublier tout de même (faut pas déconner !) de s’en prendre gentiment à Sarkozy pour sa condamnation grossière de l’influence de mai 68. Faut bien entretenir l’illusion d’un semblant de subversion pour préserver un minimum de crédibilité.

C’eût été probablement trop demander aux médias de seulement imaginer inviter des acteurs de 68 sortis de l’anonymat du peuple qui survit hors du périmètre de St Germain des Prés.

On eût pu naïvement croire que rechercher quelques ouvrières provinciales qui avaient mené des grèves parfois très dures pour leur demander leur point de vue, raconter leur expérience et témoigner de l’enseignement qu’elles en avaient tirer avec le recul eût pu miraculeusement effleurer l’imagination des responsables de rédactions…

Il n’en est visiblement rien. Mais il n’est pas encore interdit d’espérer. Il paraît que ça aide à vivre.

par Zlotzky publié dans : Humeur
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Vendredi 27 juillet 2007

Ou l'on vient d'apprendre que le PDG de la FNAC allait travailler main dans la main avec le gouvernement pour lutter contre le terrorisme P2P. L’alliance de la guilde du Kommerce et de ses protecteurs patentés. Risible ou consternant ? Probablement les deux.

De toute façon c’était à prévoir. Ils avaient déjà préparé le terrain. Le nouveau machin flicard s’appelle DADVSI ("droits d'auteurs et droits voisins dans la société de l'information" (ou DRM – digital rights management - pour les mondains qui ne causent pas gaulois), mais le mieux est encore de retenir l’appellation non contrôlée d’ « amendement Vivendi » qui est bien plus évocatrice du contenu réel et des arrière-pensées de ce projet de loi voté à l’assemblée par une majorité UMP qui décidément se surpasse pour se rendre populaire. Et peu importe, d’ailleurs, la signification de ces sigles rebutants, la seule chose qu’il faut en retenir c’est qu’ils pénalisent désormais quasiment toute forme de copie privée mais aussi – ce qui est plus grave – le développement des logiciels libres. A titre d’exemple l'édition de logiciels "destinés à l'échange et au téléchargement illégal d'œuvres protégées" sera passible de 3 ans de prison et de 300.000 euros d'amende. Excusez du peu.

 

Surpris et dépassé par le développement imprévisible d’une technologie dont il ne s’attendait pas à ce qu’elle puisse être ainsi appropriée par le tout-venant sans le moindre calcul commercial, l’ordre médiatique du Pouvoir et de l’Argent vient d’imposer, via ses larbins du gouvernement, une loi destinée à reprendre les choses en main. En l’occurrence la main d’un marché pas si invisible qu’il le prétend…

 

Comment ? Qui sont ces illuminés qui osent pratiquer l’échange sans rétribution ? ces arriérés qui réinventent le troc en version virtualisée, sans prébendes ou échanges d’espèces ? Ces inconscients qui osent développer des logiciels « open source » que chacun pourra contribuer à enrichir et diffuser massivement, et ce, GRATUITEMENT ? Probablement des fous, ou pire encore, des terroristes. Car seuls des fous ou des terroristes peuvent ainsi se livrer à de telles provocations. Provocations ? Le mot est faible, osons dire attentats. Attentats contre le pilier fondamental qui soutient toute cette société : celui de l’Ordre Marchand. Car s’il est une notion – il faudrait parler plutôt de valeur – qui porte fondamentalement en elle la subversion, c’est bien la gratuité.

 

Parole d’Ubu, tout est Marché et rien ne doit échapper au Marché. Chacun sait, en effet, qu’il serait profondément immoral de spolier les grandes firmes du marché de la musique dont les vertus éthiques et l’altruisme ne font aucun doute.

 

Et les artistes ? Il était pour le moins émouvant d’assister à ce concert unanime (ou quasi) des représentants les plus emblématiques des « artistes » bien de chez nous. Ces pauvres milliardaires ont les neurones tellement atomisés par leurs droits Sacem qu’ils n’ont toujours pas été foutus de comprendre que l’essentiel du gâteau revenait aux maisons de disques alors que les différents créateurs se partagent à peu prés 14% du prix d’un CD, comme l’ont démontré plusieurs analyses (voir les articles de Robert Di Cosmo). Pauvres artistes français qui n’ont toujours pas compris qu’un système de licence globale leur permettrait même de gagner plus qu’aujourd’hui en éliminant les intermédiaires parasites… Accrochés à leur pactole comme de vieilles rentières du second Empire, leur réaction de notaires provinciaux à l’esprit étriqué et mesquin est à peu prés à l’image de la production musicale qu’ils commettent depuis trop d’années sur radios et télés qu’ils squattent comme des tiques depuis parfois des décennies. Concédons qu’il soit probable que certains d’entre eux aient pu être abusés par les pressions de leurs maisons de disques qui auront ainsi réussi à les transformer en avocats bénévoles de leur cause mercantile. Très fort !

 

Au SMIC les artistes ! Et que chacun fasse sa petite musique et la communique, on fera le tri…

 

 

par Zlotzky publié dans : Humeur
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Dimanche 14 mai 2006

La pub est un élément incontournable et indispensable du système économique que nous subissons. De la même façon que les régimes totalitaires ont toujours recours à de puissants services de propagande, de la même façon que les guerres doivent être justifiées par de grossières manipulations de l'opinion par des médias complices (le traitement de la préparation de la guerre en Irak aux USA en est le dernier exemple le plus caricatural), de la même façon, la pub est chargée de dresser le citoyen virtuel en un consommateur abêti dont la seule raison d'être se limiterait au renouvellement constant de sa panoplie illimitée d'objets manufacturés indexée sur un catalogue infini de produits nouveaux et supposés indispensables.
La production de masse, facilitée par les méthodes modernes et les spectaculaires avancées technologiques, est tributaire de ses ventes de masse si elle veut préserver ses chances de perdurer. L'économie a besoin de créer la demande. Il lui faut sans cesse développer de nouveaux marchés et écouler coûte que coûte ses nouveaux produits. Il n'y pas de fin à ce cycle infernal. Seule la finitude du monde pourra lui imposer une fin. Définitive.
Dans cette spirale infernale l'économie n'a surtout pas besoin de peuples éduqués, bien informés et à l'esprit critique. (Ce qui peut-être le cas d'un diplômé de HEC) L'économie a surtout besoin de tubes digestifs motorisés dotés d'une oreille (2 ne sont pas strictement nécessaires) pour y coller le dernier modèle du téléphone portable avec option vibro-masseur amincissant. Le système économique schizophrène qui est en train de nous amener peu à peu à la ruine collective aimerait que les adultes, ou supposés tels, puissent avoir le comportement archétype d'un enfant occidental d'environ 8 ans. Et encore. Des innocents au sourire béat qui ouvrent de grands yeux étonnés un peu comme les Indiens épatés (et appâtés) par les verroteries que leur faisaient miroiter les colons pour mieux les escroquer. Les enfants. Voilà la cible idéale des propagandafelzug qui contaminent quotidiennement notre existence. Les enfants sont les premières victimes des terroristes publicitaires. Cernés, ciblés dés le berceau, dés la maternité, par des marques et des logos qui les poursuivront tout au long de leur existence, ils sont abreuvés de messages omnipotents qui balisent leurs parcours quotidiens, de la télé à la boîte à lettres, du bus au supermarché, et bientôt à l'école. Les gosses, en général, aiment la pub. Ils l'aiment parce que la pub est intrinsèquement puérile, infantilisante. Rassurante aussi. Mais les enfants ont une excuse de taille ; c'est qu'ils sont des enfants justement. Les gosses sont des victimes faciles de premier ordre pour les rapaces de la Kommunication L'idéal de la pub consisterait à faire en sorte que les adultes préservent cette touchante innocence enfantine face au racolage du marketing, qu'ils conservent cette étonnante capacité à s'extasier d'un rien pour peu que cela brille, fasse bip-bip, et soit paré d'une illusion de nouveauté et de distinction. Qu'ils acquièrent une fois pour toutes ce délicieux et extatique réflexe pavlovien qui leur ferait dire invariablement : « je veux ça ! »
L'idéal de la pub, et du système économique qui l'a enfantée, consisterait en une population d'enfants gâtés et capricieux perpétuellement obsédés par l'achat de nouveaux produits jugés vitaux pour leur survie et toujours prompts à renouveler le plus souvent possible ceux qu'elle possède déjà pour les remplacer avec un enthousiasme jamais défaillant par les derniers modèles dotés des derniers gadgets in-dis-pen-sa-bles. Le rêve absolu. Encore un effort, on y est presque…Il n'y a pas à ergoter sur « trop de pub » ou sur de « bonnes » ou « mauvaises » pubs. Une pub est nécessairement une pub de merde. Comme le disait Hara-Kiri à une époque lointaine la pub est faite par des cons pour des cons. Grossier mais lucide…Le système d'hyper-consommation dont la pub est le bras armé est fondamentalement mortifère. La pub envahit notre intimité, pollue notre environnement, crée des frustrations incessantes, génère des névroses, entretient l'esclavagisme du désir continuellement inassouvi et transforme les gens en tyranneaux petit-bourgeois capricieux et égocentriques, inaptes et rétifs au changement de l'ordre des choses. Des complices objectifs du système qui les a enfantés.
Et qu'on ne vienne surtout pas me chanter que la pub est une nouvelle forme d'expression artistique. J'ai eu parfois l'occasion de polémiquer à ce sujet avec des « créatifs » de la pub. A l'époque je n'avais pas osé les étrangler. Un vieux fond de philosophie humaniste m'en avait probablement dissuadé.
Ne faites pas la même erreur si l'occasion se présente. Si un golden boy de ce milieu de péripatéticiens chromés ose se prétendre « artiste », rendez lui service, rendez vous service, rendez nous service : étranglez le.

ZLOTZKY, garanti sans pub.

par Zlotzky publié dans : Humeur
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Vendredi 14 avril 2006

S’il est un aspect particulièrement réjouissant de la victoire du « non », c’est certainement la baffe magistrale infligée aux médias. Quel bonheur ! Pour un peu j’en deviendrais presque optimiste…

 

 

En effet, malgré l’indécente débauche de tous les moyens dont disposent les marchands de canons et les puissances financières qui dirigent les médias, malgré la mobilisation de tous les instants des troupes d’élite des chroniqueurs patentés qui font l’opinion dans ce pays, malgré le matraquage systématique et permanent, malgré les dompteurs idéologiques sur le pied de guerre dés potron-minet sur ondes radio et télévisuelles, malgré les injonctions sans appel et les mises en garde quotidiennement étalées dans d’unanimes et sentencieux éditoriaux, malgré la culpabilisation et la menace, malgré tout cela donc, celle que l’on avait pris coutume de nommer avec un mépris condescendant « la France d’en bas », vient d’infliger un camouflet salutaire aux élites salonnardes urbanisées. Réjouissant !

Comment ? Qui sont donc ces insolents qui osent voter d’une manière aussi absurde ? Ce n’est pourtant pas faute de les avoir instruits, on a vraiment fait tout ce qu’on a pu pour ça, et avec l’ensemble des fantastiques moyens dont on disposait, on n’a vraiment pas regardé à la dépense – une vraie débauche ! – Mais voila, rien n’y a fait ! Z’ont quand même rien compris ! A vous dégoûter du suffrage universel ! Eh oui, faut comprendre, rien n’est plus jouissif pour les prélats du système qui en tirent tous les avantages, que de parvenir à convaincre la majorité des asservis de la nécessité de perpétuer ce système, de les convaincre qu’il est le meilleur pour eux et de susciter leurs bulletins de vote. Ca vous donne un air de légitimité populaire qui cloue le bec aux contestataires et autres empêcheurs de profiter en rond. Seulement voila, à la longue ce genre de bluff finit par se révéler pour ce qu’il est vraiment : du bluff justement. L’illusion discursive finit tôt ou tard par être étouffée par le principe de réalité.

 

 

Ah ! Les éditoriaux vengeurs et acrimonieux de July dés le 30 mai, ah ! Les chroniques menaçantes de Guéta sur France Intox, ah ! Les réactions ulcérées de Colombani dans le Monde ! Ah ! Les pontifiantes et outrancières leçons de morale de Val dans Charlie hebdo (un journal qui n’est plus que l’ombre de son passé). L’amertume et le mépris des Imbert, Joffrin, BHL et consorts ! Un régal du genre !

 

 

Ecoutez-les maintenant railler et culpabiliser les manants qui ont osé s’opposer à leurs saintes paroles, regardez-les tenter de les assimiler à d’odieux xénophobes, passéistes, frileux, étatistes, nationalistes et incultes. Ne devrait-on pas, finalement, remettre en question le suffrage universel si c’est pour en faire un tel usage ? Il s’agit de donner une leçon à la plèbe. Et sans tarder. Vont voir ce qu’ils vont voir. Ils trouvaient le traité trop libéral ? Vont être servis avec le boulevard ouvert aux anglais pour la direction de l’Europe ! Bien fait ! Z’avaient qu’à voter comme on leur avait dit.

 

 

Délocalisez-moi ça sans tarder ! Qu’on se retrouve enfin entre gens fréquentables…

 

 

par Zlotzky publié dans : Humeur
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